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Chroniques d'albums

The Departure - Dirty Words (2005)

Dans la jungle des artistes qui ont sonné le renouveau de la scène (pop-)rock dans les années 2000, rares sont ceux qui ont encore une actualité fleurissante. Et puis il y a ceux qui ont fait un ou deux titres reconnus, sans jamais confirmer. The Departure a réussi la gageure de ne jamais réellement se mêler à la lutte, leur album, Dirty Words, passant relativement inaperçu. Pourtant, en cherchant un peu, on ne manquera pas de trouver quelques bonnes critiques de cet album. Mieux : j'ai découvert The Departure grâce à la radio. Française. Non, c'est juste que ça semble irréaliste, quelque part.

Ce titre, c'était Be My Enemy. Un titre qui produit aujourd'hui encore tout son effet, avec ce rythme martelé comme si le groupe venait taper de toutes ses forces pour choper le dernier wagon des groupes à suivre. Las, ils sont alors plusieurs à s'être déjà installés dans le fauteuil de Miss ColdWave 2000. Pourtant, la recette du groupe de Northampton n'était pas mauvaise : postures et style vestimentaires à la manière de, voix grave et mélodies lourdes. Les onze titres de Dirty Words sont tous de faux jumeaux aux structures couplets/refrains des plus basiques. Ici, pas de divagation, pas de grande folie, mais pas de temps mort non plus. Les chemins sont tout tracés et rentrent dans des boites de quatre minutes, où la plupart des titres y puisse justement sa force, à grand coups de refrains efficaces (les excellents Arms Around Me et Only Human) ou de slogans appuyés (Changing Pilots, le génial final Dirty Words). The Departure évite l'écueil des mauvais hymnes condensés d’onomatopées, préférant jouer sur l'émotion parfaite de la voix de David Jones. Et si la noirceur est de mise, Dirty Words ne se morfond pas dans une tristesse surjouée, préférant osciller entre titres plus stressés (Lump In My Throat, Talkshow) et plus posés (Time).

Dire pourquoi ce disque fait inlassablement partie de mes favoris est presque impossible. Sans doute la réponse est à chercher du côté de l'ambiance qui s'en dégage, de cette résonance qui donne l'impression de se retrouver dans un hangar paumé, de ces élans racés de guitares qui n'ont pourtant rien d'héroïques. C'est sans doute et surtout à cause de ces mélodies convaincantes, celles qui ont peut-être perdu ce disque à jouer sur plusieurs tableaux, trop travaillées pour être résolument pop mais trop honnêtes pour être un modèle de noirceur rock. The Departure était peut-être trop prévisible, et même si Dirty Words aurait mérité une meilleure reconnaissance, le groupe paye peut-être d'être sorti de nulle part pour tirer des ficelles pseudo ColdWave assez énormes. L'album n'aura d'ailleurs pas de successeur, l'album suivant (Inventions), étant toujours dans les cartons (et semble-t-il loin d'être à la hauteur). Cependant, il n'est pas trop tard pour se plonger dans Dirty Words, album jalonné d'excellents titres, et surtout sans aucune fausse note.

Tracklist
1. Just Like TV / 2. Talkshow / 3. Only Human / 4. All Mapped Out / 5. Arms Around Me / 6. Lump in My Throat / 7. Don't Come Any Closer / 8. Changing Pilots / 9. Be My Enemy / 10. Time / 11. Dirty Words

Durée : 41:40
Label : Parlophone
Sorti le 13 juin 2005
Écrit par mbfcs2 | Publié le 18 décembre 2011


Commentaires battus
Posté par mr.suaudeau, le 25.12.2011 à 15:53 [#1]
Le problème avec la parfaite justesse de cette chronique, c'est qu'un auditeur curieux risque de ne pas forcer sa curiosité et n'en retenir que le message comme quoi cet album est super mais un peu passe-partout.
Mais courez l'acheter (ou autre), c'est trop de la bombe!

+1 pour les "slogans appuyés (Changing Pilots, Dirty Words)".
Posté par mbfcs2, le 26.12.2011 à 10:47 [#2]
Tu crois qu'il y a des auditeurs curieux qui passent ici ?
(oui mais cet album, j'ai vraiment l'impression qu'il m'est destiné, dans le sens où bien d'autres n'y verront rien de super)
Posté par mr.suaudeau, le 31.12.2011 à 16:29 [#3]
Je comprends mieux avec cette dernière phrase parfaitement claire. Bon ben on est au moins deux + quelques sujet britanniques sûrement.
Ajoutez votre prose ! (lâch t komm)
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