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Le Grenier du NazeJournal

Alain Bernard il a gagné ! Yeahhh !
Un concentré d'émotions - JO de Pékin ou de Beijing 2008, c'est comme tu veux

Bon, déjà, un Français qui remporte une compétition, c'est fort ; quand il s'agit d'une médaille d'Or Olympique, c'est encore plus mieux, et quand en plus c'est dans une discipline aussi mise en avant que le 100 mètres nage libre, alors là c'est presque incroyable. Alain Bernard a donc remporté le 100m nage libre des JO de Pekin, et ça, ça valait bien qu'on tente d'émerger à presque 5h du mat' pour apercevoir à travers toutes ces petites crottes d'yeux moins d'une minute de lutte aquatique acharnée.
Bon, voilà, c'est chouette, mais ça ne vaut pas la valeur ajoutée que cette victoire française nous a permis de savourer. Sans doute frustré de ne pas pouvoir se lâcher plus sur d'autres victoires françaises depuis le début des Jeux Olympiques, les commentateurs - sur Canal+ comme sur France Télévision - s'en sont donné à coeur joie. Et pour le coup, on peut dire qu'ils n'ont pas été économes, entre les cris à n'en plus finir et les embrassades à tout va.

France Télévisions

C'est Alex Boyon, le commentateur qui lâche le plus de jeux de mots ("Szworczik, ça vaut 140 points au Scrabble"), qui s'y colle, accompagnée d'une Roxana Maracineanu qu'on entend plus pour analyser que pour crier pendant les courses (ça doit faire peur aussi) et du multi-médaillé Michel Rousseau. Mais ici, pas de doute, la star c'est Alex, qui nous fait une Patrick Montel de la natation, s'égosillant tandis que quelques pieds de nouveau-né séparaient Alain Bernard de son principal concurrent, Eamon Sullivan. Une performance correcte, assez enjouée pour permettre de s'y croire vraiment, mais pas non plus criée pour ne pas réveiller les voisins ; oh, il est même pas 5h.


Pour éviter les sollicitations médiatiques, Alain Bernard a trouvé une imparable cachette.

Non, la vraie image sera l'accolade entre Alain Bernard à peine sorti du bassin et Nelson Monfort qui n'aura même pas à parler anglais. Apparemment vraiment ému, il était aussi le premier à se trouver sur la route du nageur. Il parait même que les commentateurs Allemands ont prévenu leurs téléspectateurs qu'il ne s'agissait ni du coach, ni d'un parent, mais bien d'un commentateur ; c'est dire si c'était quelque chose. Et le Nelson dans des bras qui font le double de son poids, c'était quelque chose.

Canal+

Mais les spécialistes de l'emphase qui brise le cristal, c'est sur Canal qu'on les trouve (et aussi chez Denis Balbir). Les commentaires pendant la course - c'est-à-dire moins d'une minute - sont pris d'assaut par Franck Esposito et Stephan Caron, deux gloires de la natation française (si si, ça existe), accompagnant Philippe Groussard. Et là, c'est le spectacle, c'est la folie. Il y a, à peu près, autant de mots de vocabulaire que dans une chanson des Subways, et à peu près autant de cris, aussi.

Les 50 premiers mètres sont très calmes : "ah il est bien, les deux nageurs sont en tête comme prévu". On a même une info, une vraie, sur le temps de réaction, mais qui passe totalement inaperçue dans l'ambiance qui monte. Les phrases sont encore cohérentes, on distingue clairement les sujets / verbes / compléments, avec même des adjectifs de temps en temps.

Et vient le virage. Le virage est, outre un moment stratégique de la course où on peut gagner comme perdre tant les écarts finaux sont minimes, un moment où on obtient les premiers temps chronométrés. Une base, un truc fiable, un truc qui permette de comparer, de crier à l'exploit à venir. C'est aussi le moment de lâcher les freins, et de rentrer dans le sprint final ; on se rend finalement compte que le chrono du virage, on s'en fout un peu, c'est un bon prétexte pour dire "Bon maintenant c'est là que ça se joue, mec, donne tout" (enfin pas tout tout non plus).

L'information du temps donnée, on assiste à la mutation des commentateurs sportifs à la fine analyse en supporters numéros 1, amis du nageurs, qui revivent alors les plus belles courses de leurs carrières. On croirait assister à un match de foot dans un bar, on oublie tous les codes, et rien n'est plus efficace qu'un "Allez mon gars". "Allez Alain allez !" (en plus c'est rigolo à dire), "il faut allumer la mèche là, il faut partir", au cas où le mec il décide que finalement tiens, non il va pas la gagner cette course tu vois. Ou qu'il a pas envie de tout donner, qu'il en garde pour le critérium de la Rillette du Mans. L'euphorie, sans doute.


Attention au tsunami, Alain Bernard va éternuer.

"Allez allez, ALLEZ ALAIN" se fait alors entendre, et là, à moins de dix secondes de la fin, inutile de dire que la télé n'est plus là, qu'on est tous sur le bord de la piscine entre potes, à crier comme si on était à Intervilles, à défendre son bout de gras à celui qui criera le plus fort comme si ça pouvait le pousser un peu plus. Les voisins sont réveillés, mais bon, ça fait longtemps qu'ils crient avec nous. Et pendant que ce commentateur (j'ai pas pu distinguer qui était qui) continue crescendo ses "Allez ! Alain ! ALLEEEEZ ALLAAIINN" comme une machine, donnant presque un rythme à son encouragement, mélangeant allègrement les "Allez" et les "Alain", un autre vient se greffer, dont on entend quelques mots : "Allez le retour, faut pas s'affoler" (non c'est vrai d'ailleurs on est tranquilles, là), "il est devant" (ça pour pas s'affoler je crois que c'est le top).

Comme un choc, comme si c'était le déclic, on se rend compte que oui, merde, mais oui !, il est devant ! Et ça y va : "il est devant ! il est devaaaant ! IL EST DEVANT !". Il reste à peine dix mètres et c'est incroyable, oui, non mais je mens pas hein, il est devant. Les "Alain" se mélangent aux "Allez", les "Il est devant" sont presque repris par le public, et l'arrivée approchant, tandis que "Il est Allez devant Alain !" s'enchaîne, l'un d'entre eux lâche dans un dernier effort une remarque pertinente : "C'est là qu'il est fort" (bon en même temps ça tombe bien, c'est la fin, on peut imaginer qu'il est fort aussi avant ça, mais je suis pas spécialiste, je sais même pas nager).

Tandis qu'un commentateur a définitivement lâché prise et assène des "ALLEZ" d'hommes préhistoriques dont on imagine bien qu'ils sont accompagnés par des sauts de cabri sur une chaise, le plan large d'affiche sur nos écrans, et les deux hommes de têtes sont réellement dans le même mouvement. "Ça va se jouer à la touche" (rien à voir avec l'escrime ou le foot, je précise), "Ça va se jouer à la toucheeeeee" (c'est du chat-bite ou quoi ?) alors que le commentateur incontrôlable doit déjà être tout nu de folie. Le mur s'approche, et on devine que c'est le Français qui va gagner. C'est encore plus net pour les habitués derrière le micro.

"Il y est ! Il est champion yayayéyé gna gna gnéééé HIHIHI", quelque chose comme ça, à la limite de la folie, et surtout de l'incompréhensible. Les commentateurs sont devenus des bêtes, des fauves en cage, ça sent la sueur, et surtout ça crie. "Ouaisssssssss Ouaisssssssss OUAAAAAAAAIIIIISSSSSSS" comme une alarme mal réglée survole les "Il est champion olympique ! Il est champion olympique !" (ad lib), puis viennent les "Il l'a fait", alors que certains cris que Michael Jackson n'aurait pas renié font leur apparition. A ce moment-là, on aurait presque peur de les approcher.


Allez on fait tourner les serviettes !

"Rah c'est énorme" est annoncé avec une voix de rocker prépubère qui mue, on sent vraiment que les commentateurs ont un niveau émotionnel en compote, ils seraient prêt à faire et surtout à dire n'importe quoi (sans pour autant atteindre un "après ça on peut mourir tranquille"). Dans un dernier effort, on entendra un "T'es champion olympique", phrase qu'à sans doute du lui dire Franck Esposito lors de l'interview de sortie du bassin lorsqu'il lui ait tombé dans les bras.


Le pire dans tout ça ? C'est qu'on s'est pris au jeu, en moins d'une minute. On s'est retrouvé à avoir envie nous aussi de rentrer dans l'habit bestial, de crier sans trop savoir pourquoi mais en étant convaincu que ça allait tout changer. Et on est tellement content pour quelqu'un qu'on aura oublié dans cinq minutes, repris par Morphée. Heureusement que les Français ne gagnent pas trop, je tiendrais jamais sinon. Ou alors, je veux une Marc Raquil.

Écrit par mbfcs2 | Publié le 15 août 2008


Commentaires battus
Posté par Lord_Jago, le 17.08.2008 à 18:43 [#1]
Merde, j'ai loupé ça ! Heureusement j'ai pas raté le 100m en athlé. Vraiment énorme là aussi. Par contre, le "après ça on peut mourir tranquille", c'est selon moi la phrase la moins stupide qu'est prononcé Thierry durant sa carrière de commentateur footballistique.
Posté par MiTcX, le 17.08.2008 à 19:27 [#2]
belle analyse. Mais t'as oublié d'enlever ta peau de bête là.
Posté par mbfcs2, le 17.08.2008 à 20:37 [#3]
Euh, non, c'est pas ma peau de bête, ce sont mes cheveux...

Lord_Jago > c'est toujours mieux que "hein hein, y a rien qui ressemble plus à un coréen qu'un autre coréen, hein hein", mais bon il est surtout meilleur quand il est sobre. Sinon Bolt c'est énorme, j'espère que ça l'est pas trop.
Posté par MiTcX, le 18.08.2008 à 23:22 [#4]
et encore, le plus drôle c'est le traducteur pour les sourds sur france2 commentant cette finale...(passé au zapping)
Posté par mbfcs2, le 19.08.2008 à 00:37 [#5]
Euh... C'est quoi l'intérêt de commenter une course comme ça pour les sourds ? C'est un truc qui se regarde, et en même pas une minute, les commentateurs ont eu juste le temps de crier pour mettre de l'ambiance, pas trop de balancer des analyses... (m'enfin t'y es pour rien j'imagine)
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